Bonjour Sophie,
Je te remercie pour cette traduction du texte d'Italo (que tu voudras
bien, par écho, remercier aussi de ma part). De mon point de vue, cette
traduction m'est suffisante pour comprendre que certains membres d'un CA
passé avaient tenté, avec d'ailleurs plus ou moins de succès, de
valoriser LibreOffice dans leur intérêt propre.
Le risque pour TDF de se trouver qualifiée d'entreprise commerciale
était immense avec la mort vraisemblablement assurée de LibreOffice à
l'issue.
De mon point de vue, libre à Collabora et autres consorts de développer
leur application commerciale (et qui pourrait d'ailleurs les en empêcher
?). Mais j'appuie totalement le CA actuelle dans son objectif de
redonner à TDF sa pleine dimension associative en faisant cesser ces
conflits d'intérêts.
Alors oui, cet article aurait dû pouvoir être évité. Je suis toutefois
heureux qu'il ne le soit pas, car il apporte un éclairage simple et
accessible à la compréhension des maelströms que TDF a traversés et aux
décisions prises aujourd'hui par l'actuel CA.
Merci encore,
--
Dominique
Esto quod es
Le 05/04/2026 à 11:49, sophi a écrit :
Bonjour,
Je vous ai fait la traduction (aidée par DeepL) de l'article publié
par Italo ici:
https://blog.documentfoundation.org/blog/2026/04/05/lets-put-an-end-to-the-speculation/
Mettons fin aux spéculations
Idéalement, nous aurions préféré éviter cet article. Cependant, les
articles et commentaires publiés en réponse aux publications partiales
de Collabora et de Michael Meeks nous obligent à fournir ces
informations de fond sur les événements qui ont conduit à la situation
actuelle.
Malheureusement, nous devons repartir de zéro, mais nous essaierons
d’être brefs. Le lancement du projet LibreOffice et de The Document
Foundation ont été menés avec beaucoup d'enthousiasme par le groupe
des fondateurs. Ils étaient animés par un objectif noble, mais aussi
par une certaine dose d'insouciance salutaire. Après tout, il était
impossible d'imaginer ce qui se passerait après le 28 septembre 2010,
date de l'annonce.
À l'époque, personne ne pouvait imaginer que les entreprises qui
avaient soutenu OpenOffice.org jusqu'alors créeraient un projet visant
à tuer LibreOffice. De plus, pour que le projet soit un succès, il
aurait fallu des ressources supérieures à celles dont nous disposions
alors, et surtout, une solide expérience en gestion.
Heureusement, le projet a connu une croissance assez rapide.
Cependant, les parcours et les opinions divergents des fondateurs ont
été à la fois à l’origine de certaines décisions audacieuses – dont
beaucoup se sont avérées justes – et de quelques erreurs, qui sont à
l’origine de certains des problèmes actuels:
. accorder l'utilisation gratuite de la marque LibreOffice uniquement
aux entreprises de l'écosystème, afin de leur permettre de vendre le
logiciel dans les boutiques en ligne de Microsoft et d'Apple ;
. attribuer des contrats pour le développement de LibreOffice –
nouvelles fonctionnalités, correction de bogues « hérités », etc. – à
des entreprises dont les représentants siégeaient au conseil
d’administration de la fondation et qui étaient actifs tout au long du
processus d’appels d’offres.
Ces deux décisions se sont avérées incorrectes pour des raisons liées
à la loi sur les associations à but non lucratif, à laquelle The
Document Foundation doit se conformer. Elles enfreignaient la loi
elle-même.
Lorsque ce fait a été porté à l’attention du conseil d’administration
par les conseillers juridiques de la fondation, les entreprises qui
avaient tiré profit de ces erreurs ont cherché à maintenir le statu
quo plutôt qu’à trouver une solution. À l'époque – de fin 2021 à
mi-2022 – cela aurait pu être règlé rapidement et avec un minimum de
difficultés.
Cette attitude a exacerbé les tensions au sein du conseil
d’administration, s’ajoutant aux frictions préexistantes qui avaient
débuté en 2020 lorsque la majorité du nouveau conseil avait décidé de
mettre fin au projet de transfert d’une grande partie des tâches et
des actifs de TDF vers une organisation parallèle appelée TDC.
Plusieurs problèmes que le CA actuel a dû résoudre découlent
d’éléments de ce projet qui avaient été partiellement mis en œuvre.
Les origines de TDC sont controversées. L'une des raisons invoquées
pour la création de cette organisation parallèle était la « prétendue
inefficacité » de l'équipe de TDF, exprimée par certains
administrateurs. Malheureusement, au lieu de remédier au problème
supposé par une réorganisation ou une formation, le conseil
d'administration a décidé d'en créer un nouveau : une structure
parallèle dotée d'une équipe prétendument « hautement efficace » qui
mettrait en évidence la prétendue inefficacité de l'équipe de TDF.
TDC a été présentée à la conférence LibreOffice d'Almería en 2019 sans
préavis, ce qui a suscité des inquiétudes au sein de l'équipe et de la
communauté. C'est en partie par le fait que le projet de cette
organisation parallèle prévoyait d'utiliser les ressources financières
de TDF comme fonds de démarrage. Cette tentative a causé des dommages
irréparables aux relations entre les composantes du projet, et en
particulier entre certains membres du conseil d'administration et
l'équipe.
Après des années de discussions marquées par des accusations et des
reproches, au cours desquelles aucun progrès réel n'a été accompli
pour résoudre les problèmes juridiques, les autorités ont demandé un
audit dont les résultats ont confirmé qu'il était absolument
nécessaire de résoudre ces problèmes pour éviter de perdre le statut
d'organisme à but non lucratif, avec des conséquences imprévues.
Malheureusement, la présence au sein du conseil d'administration (CA)
de représentants d'entreprises, élus par les employés de ces mêmes
entreprises qui sont également membres de la TDF, a entraîné de
nouveaux retards dans la recherche d'une solution, qui n'a toujours
pas été trouvée.
Heureusement, la mise en place de mesures restrictives – telles que la
décision de retirer le statut de membre de TDF aux employés de
Collabora – et le gel des appels d'offres, parallèlement à
l'introduction d'une politique d'appels d'offres rigoureuse pour le
développement, ont abouti à un résultat positif pour le troisième
audit. Au moins, le CA a démontré sa volonté de sortir de l'impasse
qui persiste depuis 2022.
Le conseil d'administration a également examiné les problèmes de
gouvernance du passé et établi des règles claires pour minimiser le
risque qu'ils ne se reproduisent à l'avenir. Ces règles sont énoncées
dans le Code d'éthique et les devoirs fiduciaires, la Politique sur
les conflits d'intérêts mise à jour et le règlement de la communauté.
Bien sûr, si nous pouvions remonter le cours de l'histoire, certains
des choix effectués depuis 2010 seraient, espérons-le, différents et
personne ne répéterait les erreurs ou les mauvais comportements du passé.
Comme nous l'avons dit au début, nous nous serions volontiers passés
de cet article, mais il était nécessaire de rétablir la vérité et
d'éviter les spéculations.
TDF se prépare depuis un certain temps à l'annonce de Collabora, en
recrutant des développeurs et en explorant de nouvelles opportunités
de partenariat afin de répondre à l'intérêt croissant pour LibreOffice
sur les environnements de bureau, qui reste une option viable pour de
nombreux déploiements, pour le cloud et les appareils mobiles, ainsi
que pour l'ODF en tant que format de document privilégié par les
gouvernements du monde entier.
Grâce à l'importance croissante des logiciels libres et open source,
ainsi qu'aux normes ouvertes pour les formats de documents, les
concepts que nous défendons depuis plus de vingt ans ont enfin atteint
les institutions politiques et les utilisateurs. The Document
Foundation et le projet LibreOffice sont ainsi bien positionnés pour
l'avenir.
Sophie
--
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