Bonsoir,
L'accompagnement "visible" semble être constitué d'un mentoring one-to-one
et de sessions de bug triaging....
Cet accompagnement ne produit aucune capitalisation : il n’enrichit ni une
base de connaissance, ni une documentation durable utilisable en formation.
Chaque interaction reste isolée. Cet accompagnement ne passe pas à
l'échelle.
Il n’y a pas de vision globale de l’architecture. On apprend à bricoler des
correctifs locaux, souvent guidés par des contraintes historiques non
documentées, sans jamais comprendre les flux de données ni les choix
structurants du projet. On voit ce qui a été fait, difficilement, mais pas
ce qu’il faudrait faire. On a des jolis diagrammes de classe, mais ce n'est
pas le flux de données.
Les problèmes d'intégration du code, des librairies tierces sont très
rarement évoqués.
Les fondamentaux sont presque absents : comment configurer correctement son
éditeur, déboguer efficacement, diagnostiquer un problème de compilation…
Ce savoir reste implicite.
Résultat : après avoir résolu un premier problème, beaucoup se retrouvent
bloqués, incapables d’aller plus loin sans assistance. Ce n’est pas du
mentoring, c’est de l’installation de la dépendance.
Et oui, ce type d’apprentissage gagne sans doute à exister en dehors d’un
cadre institutionnel. Non pas parce que la fondation serait “mauvaise”,
mais parce qu’innover suppose aussi de pouvoir expérimenter sans être jugé,
sans être verrouillé, et sans a priori, même pas un rappel de la licence.
Une des grandes difficultés, c’est qu’on ne dispose pas de 20 ans pour
“absorber” progressivement le projet.
Un nouveau contributeur arrive avec une attente simple : *faire quelque
chose d’utile, rapidement*.
Mais aujourd’hui, le chemin implicite, c’est l’inverse :
- comprendre un bug local,
- bricoler un correctif,
- sans jamais accéder à une vision d’ensemble.
Résultat : on produit *un patch*, mais on ne progresse pas vraiment.
Avec d'autres moyens, hors fondations, j'ai pu comprendre (exemple)
- pourquoi le Basic est limité à des blocs de 64K
- pourquoi certains comportements UI (comme les couleurs de focus) sont
difficiles à modifier
- à quoi servent réellement les fichiers *XSD, XCU* (configuration,
schémas, mécanismes UNO…).
L’enjeu est ailleurs : permettre aux francophones de s’emparer réellement
du sujet.
Cela suppose de construire un espace autonome, maîtrisé de bout en bout.
Car l’infrastructure n’est pas un détail technique : elle conditionne la
manière dont on apprend, dont on partage, dont on contribue.
Aujourd’hui, tant que l’on dépend d’outils, de circuits et de logiques que
l’on ne maîtrise pas, on reste dans une posture d’exécution.
Difficile, dans ces conditions, de structurer un véritable apprentissage,
de documenter, de transmettre.
Reprendre la main sur l’infrastructure, c’est aussi reprendre la main sur
le savoir :
rendre visible ce qui est implicite, expérimenter librement, construire une
compréhension globale et non plus accumuler des corrections locales.
C’est à cette condition que l’on peut sortir de la dépendance, et commencer
à former de vrais contributeurs, capables d’aller plus loin.
Oui, les francophones doivent reprendre la main, avec leur infrastructure,
"mentoré" par d'autres francophones.
Et pour la licence, aucun problème, on sait d'où on vient et ce qu'on doit
au projet. Il ne s'agit aucunement de faire concurrence à l'upstream mais
comme Collabora, on veut explorer d'autres voies.
Cdt
Régis Perdreau
Le jeu. 2 avr. 2026 à 20:53, sophi <sophi@libreoffice.org> a écrit :
Bonsoir Régis,
Le 02/04/2026 à 19:23, Regis Perdreau a écrit :
Bonjour,
"si vous préférez, la liberté
de posséder et de contrôler son infrastructure, ses applications et ses
documents."
Merci de cette conclusion, je pense qu'il peut-être judicieux pour une
communauté de développer sa propre version de LibreOffice
en dehors de l'infrastructure de la fondation, afin d'apprendre quelque
chose et d'accueillir les débutants.
Ce n'est pas tout à fait le sens de cette conclusion, mais effectivement
chacun est libre de forker LibreOffice comme bon lui semble à partir du
moment ou la licence MPL est respectée.
Après, je pense qu'Ilmari et Hossein font un super boulot pour
accueillir de nouveaux contributeurs, qu'ils soient débutants ou non, et
que leur travail est maintenant assez visible. Donc j'aimerais un peu
mieux entendre ta critique de leur accompagnement afin qu'ils puissent
l'améliorer.
Es-tu d'accord pour que je transmette ta réponse à nos mentors?
À bientôt
Sophie
--
Sophie Gautier sophi@libreoffice.org
GSM: +33683901545
IRC: soph
Foundation coordinator
The Document Foundation
--
Envoyez un mail à discuss+unsubscribe@fr.libreoffice.org pour vous
désinscrire
Les archives de la liste sont disponibles à
https://listarchives.libreoffice.org/fr/discuss/
Privacy Policy: https://www.documentfoundation.org/privacy
--
Envoyez un mail à discuss+unsubscribe@fr.libreoffice.org pour vous désinscrire
Les archives de la liste sont disponibles à https://listarchives.libreoffice.org/fr/discuss/
Privacy Policy: https://www.documentfoundation.org/privacy
Context
Privacy Policy |
Impressum (Legal Info) |
Copyright information: Unless otherwise specified, all text and images
on this website are licensed under the
Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 License.
This does not include the source code of LibreOffice, which is
licensed under the Mozilla Public License (
MPLv2).
"LibreOffice" and "The Document Foundation" are
registered trademarks of their corresponding registered owners or are
in actual use as trademarks in one or more countries. Their respective
logos and icons are also subject to international copyright laws. Use
thereof is explained in our
trademark policy.