Bonjour,
Ce message vise à clarifier, de manière **strictement technique**, pourquoi un **tableur**
(LibreOffice Calc, Excel, etc.) n’est **pas** un outil adapté à la comptabilité ou à la gestion
financière **dans la durée**, et pourquoi cette question n’est **pas négociable**.
---
## 1. Affichage ≠ données ≠ restitution
Un tableur repose sur trois couches **faiblement couplées** :
* affichage écran (zoom, largeur visuelle),
* données internes,
* restitution (impression, export PDF).
Ces couches ne sont **pas synchronisées par conception**.
Conséquence directe :
* une feuille “correcte à l’écran” peut être :
* tronquée à l’impression,
* partiellement exportée,
* modifiée sans modification visible.
?? En comptabilité, **une ambiguïté de restitution est inacceptable**.
---
## 2. Absence d’inaltérabilité native
Un tableur permet :
* la modification rétroactive des cellules,
* la suppression silencieuse de lignes,
* la modification d’historique sans trace.
Même avec discipline humaine :
* aucune **garantie technique** d’inaltérabilité,
* aucune piste d’audit native,
* aucune horodatation opposable.
?? Or l’exigence fiscale et bancaire porte sur le **résultat**, pas sur l’intention.
---
## 3. Non-traçabilité des écritures
Dans un tableur :
* une “écriture” est une cellule,
* sans identifiant unique,
* sans journal,
* sans lien formel à une pièce.
Impossible de garantir :
* la cohérence des journaux,
* la non-duplication,
* l’ordre chronologique opposable.
?? Toute reconstitution a posteriori est **fragile juridiquement**.
---
## 4. Aucune notion de journal comptable
Un tableur ne possède pas :
* de journaux distincts (banque, achats, ventes),
* de clôture logique,
* de verrouillage par période.
Ces notions sont **fondamentales** :
* fiscalement,
* comptablement,
* en cas de contrôle.
?? Les recréer “à la main” est une **illusion dangereuse**.
---
## 5. Impression et archivage non fiables
Dans un tableur :
* l’impression dépend :
* des zones définies,
* des paramètres locaux,
* du pilote,
* du poste.
Deux impressions du “même fichier” peuvent **ne pas être identiques**.
?? En comptabilité, un document doit être :
* complet,
* reproductible,
* identique dans le temps.
---
## 6. Fragilité structurelle dans la durée
Sur plusieurs années :
* formules modifiées,
* références cassées,
* copier/coller destructeurs,
* dépendance à la personne qui “sait”.
Le tableur devient :
* opaque,
* non maintenable,
* non transmissible.
?? C’est exactement l’inverse d’un outil de gestion.
---
## 7. Absence de conformité fiscale native
Un tableur :
* ne produit pas de **FEC conforme**,
* n’intègre pas de contrôles de cohérence,
* ne sépare pas données / traitements / restitutions.
En cas de contrôle :
“j’ai un tableur bien tenu”
n’est **pas une réponse recevable**.
---
## 8. Outils adaptés (et pourquoi)
Pour ces raisons, seuls des **logiciels métier** sont adaptés :
### Comptabilité / gestion
* Dolibarr
* SQL Ledger
### Gestion financière / bancaire personnelle
* Skrooge
* Grisbi
* KMyMoney
Ces outils apportent :
* journaux structurés,
* traçabilité,
* exports reproductibles,
* séparation claire des responsabilités,
* pérennité des données.
---
## Conclusion
Un tableur est :
* un excellent **outil de calcul**,
* un très mauvais **outil comptable ou financier pérenne**.
Ce n’est pas une question de préférence,
mais de **responsabilité technique, fiscale et documentaire**.
Cordialement,
Bernard Schœnacker
Rédacteur technique industriel
Technicien méthodes
Privacy Policy |
Impressum (Legal Info) |
Copyright information: Unless otherwise specified, all text and images
on this website are licensed under the
Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 License.
This does not include the source code of LibreOffice, which is
licensed under the Mozilla Public License (
MPLv2).
"LibreOffice" and "The Document Foundation" are
registered trademarks of their corresponding registered owners or are
in actual use as trademarks in one or more countries. Their respective
logos and icons are also subject to international copyright laws. Use
thereof is explained in our
trademark policy.