Bonjour,
Les documents produits et maintenus sous LibreOffice Writer / ODT pour
des longs ouvrages, multilingues et évolutifs présentent des limites
structurelles intrinsèques :
ODT est un conteneur ZIP contenant du XML verbeux, non maintenable
humainement.
Le contenu est indissociablement mêlé à la mise en forme.
La structure réelle (styles, héritages, ancres, TOC) est opaque hors
de Writer.
Les documents analysés montrent une prolifération de styles
automatiques, des héritages rompus et des artefacts liés à des
conversions successives (allemand → anglais → français).
Il ne s’agit pas d’un problème d’usage ou de rigueur utilisateur,
mais d’un problème de format et de chaîne de production.
Impact sur le cycle de vie
Dans une chaîne bureautique classique :
chaque correction est manuelle et non exploitables par "diff" ;
chaque nouvelle version implique une relecture globale ;
chaque traduction nécessite une duplication complète du document ;
chaque export PDF fige des erreurs structurelles invisibles en amont.
Autrement dit, chaque version devient un fork mort.
Le PDF n’est pas une source
Le PDF issu de Writer est un artefact final :
non versionnable,
non maintenable,
non traduisible,
révélateur des faiblesses de structure et de hiérarchie typographique.
Traiter le PDF comme un produit de référence est une erreur
méthodologique.
Point critique : la traduction
Une documentation multilingue durable impose :
une source textuelle unique,
une granularité fine (phrases / paragraphes),
la possibilité de traductions incrémentales.
Cela n’est pas possible avec un document ODT riche. Cela est nativement
possible avec des formats texte structurés et des outils de type gettext
/ po4a.
Sans cela, la traduction ne passe pas à l’échelle et devient
chronophage, coûteuse et décourageante.
Argument temps long
Un document qui ne peut pas être :
versionné par diff,
audité sans interface graphique,
traduit sans duplication,
maintenu indépendamment d’un logiciel donné,
n’est pas un document pérenne.
Conclusion opérationnelle (TINA)
Pour une documentation longue durée, collective, traduite et maintenue :
la source doit être un format texte structuré (Markdown, AsciiDoc,
HTML),
la traduction doit s’appuyer sur un workflow type po4a,
les rendus (PDF, HTML, EPUB) doivent être générés, non édités.
La bureautique lourde peut convenir à un usage individuel ponctuel.
Il n’est pas une alternative viable dans le temps pour une documentation
de référence.
TINA — There Is No Alternative.
Pas par idéologie. Par mécanique.
Cordialement
Bernard Schœnacker
57930 Fénétrange
Rédacteur technique industriel
Technicien méthodes
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